samedi 4 octobre 2008

Vendredi 3 octobre

On continue les ateliers. Chacun apprend à se fabriquer un carnet et se frotte à la reliure japonaise avec une cordelette recyclée qui sent un peu la campagne... et puis lié à l'exil, on joue avec les mots valises...



Y'a une chose avec l'exil qui me tarabuste c'est aussi l'exil temporel, suis-je encore le même qu'il y a dix ans? Le type d'avant (d'avant quoi d'abord...) était-ce un ex-il, ou alors un ex-je?

vendredi 3 octobre


Sédimentation des idées (état 3).

J'ai trouvé un bout de poésie, me parlant plus que certains textes théoriques sur l'exil, comme porteur d'une chose forte, surtout cette notion d'"escale en escale"... Ne plus être rattaché à un sol, à un lieu, ne plus être un homme de la terre, ancré, la seule chose portant étant désormais, le courant, la dérive, d'une rivière qui, un jour, mènera à l'océan...

"C'était un homme en déroute
C'était un frère sans doute.
Il n'avait ni liens ni place,
Et sur les routes de l'exil
Sur les sentiers, sur les places
Il me parlait de sa ville.

Yo soy un hombre sincero
De donde crece la palma
Y antes di morir me quiero
Echar mis versos del alma

Mi verso es de un claro verde
Y de un carmin incendido
Mi verso es un ciervo herido
Que busca en el monte amparo

por los pobres de la tierra
Quiero yo mi suerte echar
Y el arroyo de la sierra
Me complace mas que el mar

Il me reste toute la terre
Mais je n'en demandais pas autant
Quand j'ai passé la frontière
Il n'y avait plus rien devant,
J'allais d'escale en escale
Loin de ma terre natale."

Qui connaît ce poème?

jeudi 2 octobre 2008

Jeudi 2 octobre

La sauce commence à prendre. Les idées se précisent, certaines se perdent, d'autres émergent.
Je suis dans le lieu. Poreux. Le lieu s'immisce, je m'y pose. Passe par la médiathèque, je picore dans le Gros Robert. Quelques définitions. "Exil".
Je commence à écrire un texte, l'idée d'un livre est de plus en plus présente. Le récit d'un "être là". D'une installation.
Le Rize, Moi & le thême:
"Exils et créations".

En arrière plan l'idée des mots-valises, et cette trouvaille dans le Robert, qui moi me trouble, sous un même mot "naturalisation", deux sens cohabitent et s'entremêlent:
"NATURALISATION n.f. -1566
I. « Concession par acte souverain du chef de l’Etat de la nationalité d’un pays donné à une personne (…) » (Code de la Nationalité, art.59)
II. (1907) Opération par laquelle on conserve un animal mort, une plante coupée en lui donnant l’apparence de la nature vivante."

Comme si cette idée d'exil, d'une différence ressentie, portée, en soi, et ne pouvant se perdre par l'assimilation au sein même d'un groupe, était une force.
La base même de toute création. D'un individu portant en lui une chose que les autres n'ont pas, une histoire qui n'est pas celle du groupe, des paysages entassés qui ne sont plus là, là sous ses yeux. L'exil implique la perte.
Et la perte s'ouvre sur deux options: la reconstruction du perdu, ici, ou son dépassement...l'exil n'est plus une question de lieu, ni de groupe, mais d'une histoire individuelle, d'un individu n'appartenant plus à aucun groupe. Seul.

J'essaierai de creuser cette piste demain.

Quelqu'un sait ce que veut dire "acculturation"?

mercredi 1er octobre

Je me refuse à arriver les bras chargés de trucs tout faits, et installer. Alors je fais le tour de la maison, du propriétaire, il y a toujours un jour ou deux de flottement, de vague, et doucement les choses se sédimentent, comme un lien, un terreau qui doucement se tasse et sur lequel on va pouvoir se poser. Et construire.



Aujourd'hui, les ateliers étaient "ouverts". Deux personnes se sont présentées. Deux rencontres. A parler de l'écriture, de la nécessité de s'y mettre. De se lancer. De lancer la machine. A écrire.

mardi 30 septembre 2008

mardi 30 septembre


Délocalisation achevée. Arrivée au Rize. Résidence entamée.
Atelier débuté. Continué dehors, sur le parvis.
Sortie collective des lettres de la voiture (mes seules valises). Et premiers mots posés...

lundi 1 septembre 2008

1 km 600

On m'a dit qu'il y avait, au Rize, 1 kilomètre 6 d'archives.





1km6 d'archives. Le chemin à parcourir pour aller où?
1km6 pour remonter combien d'années?
1km6 de "je me souviens".
1km6 de tranches de livres?
Vous me mettrez 54m de rapports patrimoniaux s'il vous plait...
Rien d'autre, non merci, ça suffira pour aujourd'hui...

exils & créations

dimitri vazemsky



Et un lieu créé. Ici.
Un lieu dénué de toute matière.
Virtuel.
Uniquement visuel.

Lieu ouvert, également, de toute manière:
Entrez-y. Délocalisez-vous.
Passif ou prenant part.
Lecteur ou répondant.

Se jouer des lisières.
Trouver ses frontières.
Ailleurs.


Ce blog est la trace d'une résidence entamée (l'exil, bien avant le déplacement du corps, travaille l'esprit).
On prépare ici le jardin, ratissage des idées, préparation des boutures. J'arriverai au Rize de Villeurbanne à la fin du mois de septembre, dix jours d'exils là-bas, pour créer, rencontrer, partager d'autres exils et laisser un dispositif, une installation lors d'un festival "Villes, voyages, voyageurs" (9-14 octobre 2008) dont le thème annuel est: "exils et créations".